Matchmarket détecte les futurs best-sellers des marques en interrogeant leurs clients

Nous avons rencontré Sandra Lacaze, fondatrice de Matchmarket, une solution innovante permettant de détecter les best-sellers d’une marque avant même de lancer leur production.

Matchmarket se matérialise aujourd’hui sous la forme d’un Chatbot disponible sur Messenger. Le Chatbot interroge en temps réel les communautés des marques afin de pouvoir déterminer les produits qui leur plairont.

Sandra a évolué pendant près de 20 ans dans les achats et la distribution. Elle explique comment lui est venue l’idée de créer la solution Matchmarket :

« Au cours d’un déjeuner, une stagiaire m’a fait remarquer que notre métier était parfois frustrant : il nous arrivait d’hésiter entre des produits et de se rendre compte qu’on avait fait le mauvais choix. Elle m’a demandé comment je faisais pour prendre mes décisions.  Je lui ai répondu que j’utilisais SAP, Excel ou encore les cahiers de tendances. Elle a renchéri  “ mais quel outil te permet vraiment de savoir ce que les clients vont acheter ? ” C’est comme ça que l’idée est arrivée. »

 « Le client a toujours le dernier mot : j’ai cherché une solution permettant de le trouver »

Sandra s’est alors penchée sur les indicateurs qui lui permettraient de prédire le succès de certains produits. Le verdict est tombé : seul le consommateur détient la réponse et le Chatbot est un outil idéal pour la récupérer. Bientôt, le Chatbot sera complété par une application mobile façon Tinder et un logiciel en SaaS.

« En analysant tous les facteurs, j’ai réalisé que le client avait toujours le dernier mot. J’ai cherché une solution permettant de trouver le mot du client avant de lancer le produit. Nous avons testé pas mal de modèles pour en arriver au Chatbot. Nous nous sommes aperçus qu’il représentait beaucoup d’avantages : interactions en temps réel, valorisation du consommateur, taux de lecture et de réponse très élevé, format jeune. Pour demain, nous souhaitons également développer un logiciel en SaaS et une application Matchmarket. Grâce au logiciel en SaaS, les marques seront  autonomes et pourront pousser soit vers le Chatbot, soit vers l’application. »

« On entre dans une période du “moins mais mieux” : les marques auront besoin des bonnes armes »

Selon Sandra, produire au plus près des attentes des clients est aujourd’hui d’autant plus stratégique que la tendance est à la déconsommation.

« Nous sommes dans un contexte où la production augmente (elle a doublé en 15 ans) et les ventes diminuent (- 15% depuis 2007). Certains clients annoncent qu’ils dépensent moins : 60 % pour des raisons budgétaires, 40% pour des raisons écologiques. Nous rentrons dans une période qui va être celle du « moins mais mieux » et c’est dans cette période que les marques auront besoin des bonnes armes pour faire de la vente additionnelle. Cela coûte beaucoup plus cher d’aller chercher un nouveau client que de fidéliser un client existant, de le valoriser et produire ce qu’il attend pour faire de la vente additionnelle. » 

« L’objectif est de ne pas fabriquer les 6 à 15% de produits qui finiront potentiellement détruits. »

Un outil qui colle avec les valeurs écoresponsables de la startup également revendiquées par de plus en plus de consommateurs. En aidant à produire au plus près des attentes des clients, Matchmarket souhaite agir pour une mode plus durable et diverse.

«  Nous avons cette vocation de permettre aux marques d’avoir une démarche beaucoup plus responsable dans leurs achats. L’objectif est de ne pas fabriquer les 6 à 15% de produits qui finiront potentiellement détruits. En réalité, 60% des produits ne se vendent pas très bien : ils vont se retrouver en promotion et demander énormément d’énergie. Je suis très attachée à la diversité dans la mode: l’idée de cibler les bons produits pour les bonnes personnes permet aux marques de garder leur diversité. La mode n’est pas que de la data, il y a beaucoup d’irrationnel et de fantaisie derrière et c’est aussi cela que nous essayons de capter en mélangeant intelligence collective et intelligence artificielle. »

Pour aller plus loin, la startup permettra bientôt à ses utilisateurs de convertir leur temps en dons aux associations.

« Nous travaillons avec une startup qui s’appelle Concernity. Leur rôle est de nous trouver une association qui corresponde à nos valeurs de partage et de fantaisie. Grâce à Concernity, nous allons donner dès le mois de Mars la possibilité aux personnes qui répondent de transformer leur temps en dons à des associations. Aujourd’hui, nous offrons la possibilité de partir avec un bon d’achat ou de gagner un cadeau par tirage au sort. Il s’agit souvent d’un produit upcyclé ou correspondant à l’univers de la marque. Il faut savoir que nous avons un filtre très green sur les marques avec lesquelles nous travaillons auprès de notre communauté actuelle. »

« Nous sommes complémentaires d’autres outils comme le cahier de tendances »

Côté marques, Matchmarket se présente comme un outil complémentaire des outils traditionnels.

« Nous sommes complémentaires d’autres outils comme le cahier de tendances. Nous allons permettre de valider tandis que le cahier de tendances va permettre d’aider dans l’axe créatif. Il ne s’agit pas d’une vision à trois ans mais à six mois : au moment où l’on a déjà constitué une collection et où l’on va la revalider avec sa clientèle. Il est possible que la clientèle en question n’aime que certains coloris parmi les coloris tendances. »

Face aux entreprises qui proposent des publicités test pour obtenir l’avis des clients, la startup se positionne comme une solution valorisante n’engendrant aucune frustration.

« Les publicités tests sont un bon moyen d’obtenir l’avis des clients mais il y a le sujet de la frustration. Le consommateur voit un produit qui lui plait, il se dit qu’il va le commander et là on lui demande de s’inscrire à une newsletter. Chez nous, les personnes qui répondent sont au courant qu’elles sont là pour répondre. On ne les met pas dans l’acte d’achat, on leur dit qu’elles sont là pour aider les marques qu’elles aiment et qui ont envie d’écouter ce qu’elles ont à dire. Les personnes savent qu’elles n’auront pas le produit tout de suite mais que quand le produit va sortir, elles auront contribué à son succès. »

Matchmarket accompagne les marques dès la construction de l’échantillon, une étape cruciale pour l’obtention de résultats probants.

« Il est nécessaire d’accompagner les marques dans la construction d’un échantillon représentatif de leurs clients pour ne pas se retrouver avec un produit qui ne correspond pas à ce que les clients souhaitent acheter. Nous avons par exemple travaillé avec une marque de maroquinerie premium qui vendait très bien un sac rouge : sa clientèle principale était constituée de jeunes parisiennes entre 26 et 35 ans. En réalisant des tests sur notre communauté (plus large), le sac rouge n’est pas arrivé en premier. Mais en filtrant les profils correspondant à la cible de la marque, le sac rouge était bien en tête. Cela nous permet de valider la qualité des réponses et le fait qu’il est très important de connaitre la clientèle que l’on va adresser. »

La jeune entreprise leur offre par ailleurs une analyse des réponses obtenues accompagnée d’un dashboard.

« Nous avons un outil très interactif : une carte de France avec la localisation des répondants et les tranches d’âge. Nous pourrions imaginer ajouter le budget d’achat ou encore la taille. D’un clic, il est possible de repérer ce qui marche en fonction de telle ou telle cible. Pour faire gagner du temps aux entreprises face aux multiples possibilités d’analyse, nous leur donnons également une analyse prémâchée des futurs best-sellers et de leurs cibles. »

Côté business model, Matchmarket propose aux marques un abonnement et cible prioritairement celles qui disposent d’un réseau de distribution. La startup lève actuellement des fonds pour le lancement de l’application et recherche un partenaire pour tester son logiciel en SaaS.

« Aujourd’hui, nous recherchons un partenaire disposant d’un réseau national ou international pour tester le logiciel en SaaS. Nous serions sur un temps de développement de 3 mois suivis de 3 mois de test. Avec le logiciel en SaaS, nous souhaitons  minimiser les frais pour les marques : il leur permettra d’utiliser notre solution à travers Messenger et notre application mobile en toute autonomie. »

Pour contacter Sandra : sandra@matchmarket.co

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