L’Institut Français de la Mode dresse le bilan du marché de la mode en 2025 et les perspectives pour l’année à venir

À l’occasion d’une conférence à l’Institut Français de la Mode, Gildas Minvielle, Directeur de l’Observatoire économique de l’IFM, a présenté les dynamiques qui structurent actuellement le marché français de la mode. La rencontre s’est conclue par un échange avec Xavier Romatet, Directeur général de l’IFM, autour des perspectives et des enjeux pour les acteurs du secteur.

Nous avons résumé la conférence : voici ce qu’il faut retenir.

Un marché en recul en 2025

En 2025, le marché français de l’habillement atteint 34,7 milliards d’euros, soit une baisse de –1,3 % en valeur par rapport à 2024.

  • Les ventes en magasin reculent de –2,7 %
  • Le e-commerce progresse de +1,2 %. Le potentiel de croissance du commerce en ligne chez les distributeurs reste encore important.

La légère amélioration observée en 2024 ne s’est donc pas confirmée. Le marché reste sous tension, dans un contexte de recomposition rapide.

Le e-commerce poursuit sa progression

La vente en ligne représente désormais 30,4 % du marché en valeur.

La transition est particulièrement marquée chez les jeunes :

  • 34 % des achats d’habillement des 18–24 ans (en valeur) sont réalisés en ligne.

Le digital s’impose comme un canal central, même si la croissance reste modérée.

La montée en puissance de l’ultra fast fashion

Le trio Shein, Temu et AliExpress représente :

  • 6 % des achats en volume
  • 2 % en valeur
  • Un prix moyen d’achat d’environ 9 €

Cette dynamique exerce une pression importante sur les prix du marché. La progression de ces plateformes contribue à une intensification de la concurrence, en particulier sur les segments les plus accessibles.

La seconde main s’installe durablement

La seconde main confirme son ancrage dans les comportements d’achat :

  • 11,2 % du marché en valeur
  • 18 % chez les 18–24 ans

Associée à l’ultra fast fashion, elle représente désormais un quart des volumes vendus en France. Cette évolution traduit une transformation structurelle des modes de consommation.

Un risque de perte de valeur pour le marché

La forte pression sur les prix crée un risque de dévalorisation globale du marché.

Le scénario identifié repose sur trois éléments :

  • Une tendance à la baisse des prix
  • Non compensée par une hausse des volumes
  • Entraînant une diminution de la valeur globale du marché

Cette situation pourrait fragiliser l’ensemble des acteurs.

Un enjeu de perception et de pédagogie

Les données consommateurs mettent en évidence un décalage dans les perceptions :

  • 38 % des consommateurs estiment que les conditions de travail dans l’ultra fast fashion sont similaires à celles des autres enseignes.
  • 45 % considèrent que son impact environnemental est comparable à celui des autres acteurs.

Cette perception limite la portée des discours critiques à l’égard de ces plateformes.

Le défi pour les marques consiste à redonner du sens au prix, en conciliant qualité, exigences éthiques et prix juste, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste contraint.

Prévisions 2026

Trois scénarios sont envisagés pour la consommation d’habillement et textile en France :

  • Optimiste : +1 %
  • Médian : –0,5 %
  • Pessimiste : –2 %

Le scénario médian anticipe une légère contraction en valeur.

👉  En conclusion , en 2025, le marché français de la mode confirme sa recomposition. Entre progression du e-commerce, montée en puissance de l’ultra fast fashion, ancrage de la seconde main et pression sur les prix, les équilibres traditionnels évoluent rapidement. Les perspectives pour 2026 restent prudentes, dans un environnement concurrentiel et économique incertain.

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