Soutenue par le DEFI, l’exposition célèbre les 40 ans du musée des Arts de la Mode et met en lumière un patrimoine que le DEFI accompagne depuis de nombreuses années aux côtés du MAD et de l’UFAC.
À l’occasion des 40 ans du musée des Arts de la Mode, le musée des Arts décoratifs dévoile « Look ! 40 ans de mode au musée », avec le soutien du DEFI. De l’atelier de couture aux réserves du musée, l’exposition retrace les deux vies du vêtement : celle de sa création et celle de sa conservation. Un parcours accessible et foisonnant, qui fait écho à l’engagement historique du DEFI aux côtés du MAD pour préserver, documenter et valoriser les collections de l’Union française des arts du costume (UFAC).
Comment un vêtement devient-il une œuvre de musée ? C’est, en filigrane, la question qui traverse Look ! 40 ans de mode au musée, présentée au musée des Arts décoratifs du 30 septembre 2026 au 4 avril 2027.
L’exposition célèbre l’anniversaire de la création, en 1986, du musée des Arts de la Mode, qui marque alors l’entrée officielle de la couture dans le champ culturel et celui des arts. Quarante ans plus tard, plutôt que de proposer une rétrospective classique, le MAD choisit d’en dévoiler les coulisses. Cet anniversaire marque également une étape importante dans l’histoire des collections du musée. En 2026 devient effective la dévolution au MAD des collections de l’Union française des arts du costume (UFAC), déposées au musée depuis 1996. Un ensemble considérable de près de 80 000 œuvres — mode, textile et arts graphiques — dont le DEFI accompagne depuis de nombreuses années l’étude, la conservation et la valorisation aux côtés du musée.
Sous la grande nef, le parcours se déploie en trois temps : la fabrication du vêtement, son entrée au musée et, enfin, quarante années d’expositions consacrées à la mode. Une manière de raconter non seulement ce que le musée conserve, mais aussi comment une création pensée pour être portée acquiert progressivement le statut d’objet patrimonial.
De l’idée au podium
La première vie du vêtement commence bien avant son apparition sur un podium. Une collection peut naître d’un dessin, d’un tableau, d’un voyage, d’une architecture ou d’un assemblage d’images. Certains couturiers, comme Yves Saint Laurent ou Karl Lagerfeld, couchent leur première idée sur le papier ; d’autres travaillent directement la matière, à l’image d’Azzedine Alaïa et de ses moulages réalisés sur mannequin.
De la conception à la fabrication puis à l’ornementation, l’exposition donne à voir la multitude des gestes nécessaires à l’apparition d’un vêtement. Croquis, toiles, échantillons textiles ou de broderie, archives de maisons et photographies côtoient les créations achevées. Certaines pièces rarement montrées permettent ainsi de découvrir la mode en train de se faire : échantillons de broderies Lesage, archives Roger Vivier ou encore toile réalisée pour la Maison Christian Dior à l’époque de John Galliano.
Cette première vie trouve sa consécration dans le défilé. Le vêtement y est porté, scénographié, photographié et transformé en objet de désir. Un moment par définition éphémère, qui contraste avec le temps parfois considérable nécessaire à sa réalisation.
Parmi les témoignages les plus saisissants de cette histoire figure le Théâtre de la Mode. En 1945, alors que les matières sont encore rationnées, cinquante-trois grands couturiers habillent des poupées d’environ 70 centimètres présentées dans des décors imaginés par des artistes, parmi lesquels Jean Cocteau. Cette exposition miniature devait permettre à la haute couture française de réaffirmer son prestige au lendemain de la guerre avant de voyager en Europe et aux États-Unis. Certaines de ces poupées historiques sont aujourd’hui présentée dans Look !.
Du vêtement à l’œuvre
Le défilé pourrait constituer la fin de l’histoire. Au musée, il n’en est pourtant que la première vie.
Lorsqu’un vêtement rejoint les collections, une nouvelle chaîne de métiers prend le relais. Conservatrices-restauratrices, documentalistes, techniciens de conservation, régisseurs ou monteurs-installateurs œuvrent à transformer cet objet fragile en un patrimoine susceptible d’être étudié, exposé et transmis.
L’acquisition constitue une première étape. Portée historique, valeur esthétique, intérêt artistique ou technique sont étudiés, mais aussi la capacité du musée à conserver correctement l’œuvre. Une fois intégrée aux collections nationales, celle-ci devient en effet inaliénable.
Commence alors un minutieux travail de documentation et de conservation. Photographies, articles, invitations de défilés, factures, correspondances ou lookbooks permettent de restituer l’histoire d’une pièce. La restauration obéit quant à elle à des règles parfois très éloignées de celles du vestiaire quotidien, chaque intervention doit au contraire composer avec l’histoire du vêtement, sa matière et son état de conservation.
Un travail de l’ombre auquel le DEFI contribue depuis plusieurs années aux côtés du MAD, notamment autour des collections de l’UFAC. Son soutien a permis de financer des postes de documentalistes mobilisés sur leur récolement, leur étude et leur reconditionnement. Près de 19 000 œuvres du fonds ont ainsi été récolées lors d’une première phase, avant que le travail ne se poursuive sur les accessoires et les arts graphiques. Il a également accompagné la réorganisation des réserves et le reconditionnement de fonds majeurs, notamment celui de Christian Dior. Cette connaissance approfondie des collections permet aujourd’hui de mieux les conserver, mais aussi de les montrer : entre 2022 et 2025, 701 œuvres issues de l’UFAC ont ainsi été présentées dans les expositions du MAD ou prêtées en France et à l’étranger.
Quarante ans à regarder la mode
La dernière partie du parcours prend toute son ampleur dans la nef. Pour célébrer son anniversaire, le musée a sélectionné quarante expositions parmi les plus marquantes de son histoire, chacune évoquée par une silhouette ou un ensemble d’accessoires qui y avait été présenté.
L’espace est conçu comme un jardin dans lequel le visiteur circule librement. Les silhouettes, vitrines, archives et documents se répondent à différentes hauteurs et offrent plusieurs niveaux de lecture. Malgré la richesse des collections présentées, l’ensemble reste léger et aéré. Le regard est constamment sollicité sans être saturé.
Cette recherche d’équilibre traduit aussi la volonté pédagogique de l’exposition. Pensée pour pouvoir être parcourue aussi bien par les connaisseurs que par les amateurs, Look ! rend accessibles des processus parfois très techniques sans en gommer la complexité. Les plus avertis pourront s’attarder sur une archive ou un savoir-faire ; d’autres découvriront simplement pourquoi un vêtement ne peut être exposé en permanence ou comment une silhouette historique retrouve son volume.
En quarante ans, le musée a consacré quelque soixante-dix expositions à la mode et au textile. À travers elles, ce ne sont pas seulement des vêtements qui ont été montrés : un regard sur la mode s’est progressivement construit, participant à sa reconnaissance comme objet d’histoire, de culture et de patrimoine.
Avec Look !, le MAD raconte ainsi autant comment on fabrique la mode que la manière dont on fabrique sa mémoire. Une histoire à laquelle le DEFI est étroitement associé à travers son soutien au musée et aux collections de l’Union française des arts du costume (UFAC), contribuant à préserver et transmettre aux générations futures un patrimoine essentiel de la mode française.
→ En savoir plus sur l’exposition Look ! 40 ans de mode au musée
Commissaire Générale : Bénédicte Gady, Directrice des musées
Commissaire : Sophie Lemahieu, Conservatrice en charge des collections mode et textile après 1947.
Assistante : Hannah Morelle
