Entre recherche de profils, gestion des collaborations et suivi des performances, le marketing d’influence représente un défi opérationnel pour les marques de mode. Fondée en 2024, Curaya propose de simplifier ces processus grâce à l’intelligence artificielle, tout en favorisant des partenariats durables avec les créateurs de contenu. Rencontre avec Daniel D’Agostino, son cofondateur, pour décrypter les transformations du secteur..
Intelligence artificielle au service du marketing d’influence
Le marketing d’influence s’est imposé comme un levier de communication pour les marques de mode. En collaborant avec des créateurs de contenu, celles-ci peuvent développer leur visibilité, valoriser leurs collections et toucher de nouvelles communautés. Derrière ces collaborations se dessine pourtant une réalité plus complexe. Leur mise en œuvre exige du temps et une organisation rigoureuse, particulièrement pour les jeunes marques dont les équipes disposent de ressources limitées.
C’est à cette problématique que souhaite répondre Curaya, une entreprise cofondée en 2024 par Daniel D’Agostino et Alexandre Bertrand, accompagnée par l’incubateur de l’Institut Français de la Mode.
Sa solution repose sur une double approche. Côté marques, Curaya propose un assistant IA capable de faciliter la sélection des créateurs, d’automatiser certaines tâches opérationnelles et de mesurer les performances des collaborations. Les entreprises peuvent utiliser le logiciel en autonomie ou confier la gestion de leur programme d’influence à l’équipe Curaya.
Côté créateurs, la plateforme propose des boutiques personnalisées permettant de réunir leurs recommandations de produits et de percevoir des commissions sur les ventes générées. Une manière de prolonger les collaborations au-delà des campagnes ponctuelles.
Avec plus de 30 marques accompagnées et 20 millions de vues cumulées annoncées, Curaya entend ainsi contribuer à faire évoluer le marketing d’influence vers un modèle plus structuré, mesurable et inscrit dans la durée.
Échange avec Daniel D’Agostino, cofondateur et CEO de Curaya
Quel constat sur le fonctionnement du marketing d’influence vous a conduits, Alexandre et vous, à créer Curaya ?
Aujourd’hui, le marketing d’influence ne représente en moyenne que 5 % des budgets marketing, alors que les créateurs de contenu concentrent 80 % de l’attention en ligne. Pourquoi ce décalage ? Parce que, pour les marques, la gestion de l’influence repose encore largement sur des méthodes artisanales. La recherche des bons profils et le suivi des collaborations mobilisent un temps considérable, souvent au détriment d’autres activités. La mode, ce n’est pas seulement un enjeu de temps, mais aussi d’affinité. Un créateur donne vie à une pièce, propose une façon de la porter et la fait découvrir à une communauté engagée. Nous avons lancé Curaya en 2024 pour automatiser cette complexité opérationnelle. Avec plus de 30 marques accompagnées et 20 millions de vues générées, nous aidons les équipes à transformer l’influence en un véritable levier de croissance durable.
« La mode n’est pas seulement un enjeu de temps, mais d’affinité. »
Comment Curaya associe-t-il intelligence artificielle et accompagnement humain pour simplifier la gestion des collaborations entre marques et créateurs ?
Curaya est le « coéquipier IA » des équipes marketing, qui les accompagne dans la gestion quotidienne de leurs opérations d’influence. Il intervient à trois étapes clés :
- La sélection des profils : l’outil analyse l’univers de la marque, ses produits et ses clients pour proposer les créateurs les plus pertinents, en conciliant potentiel commercial et respect de l’image de marque.
- La gestion opérationnelle : il automatise les tâches répétitives, comme la préparation des envois de produits, le suivi des collaborations et la récupération des contenus publiés.
- La mesure des résultats : il suit les performances en temps réel (vues, trafic, ventes) afin d’identifier les créateurs les plus performants et les formats les plus engageants.
L’humain conserve un rôle essentiel dans la sélection finale, les échanges clés et la direction artistique. Les équipes peuvent piloter leurs collaborations en interne avec le logiciel Curaya, ou nous confier la gestion de leur programme d’influence de A à Z.
Pour les marques de mode, notamment les structures émergentes disposant de ressources limitées, quels bénéfices concrets votre solution peut-elle apporter ?
Pour une marque émergente, le temps est le nerf de la guerre, une seule personne gère souvent les réseaux sociaux, l’e-commerce et l’influence. Nos clients constatent qu’ils consacrent jusqu’à dix fois moins de temps à la gestion opérationnelle grâce à Curaya. Ce temps gagné peut être réinvesti dans la création, la stratégie et la relation avec les partenaires. Au-delà d’une campagne ponctuelle, chaque collaboration enrichit la suivante, on sait quels profils réactiver, quels produits mettre en avant et quels formats approfondir. L’influence devient un canal structuré, piloté par la donnée, plutôt qu’une succession d’opérations isolées.
« L’influence devient un canal structuré que l’on pilote par la data, plutôt qu’une suite d’opérations isolées. »
Vous proposez également aux créateurs de contenu de développer leur propre boutique en ligne et de percevoir des commissions sur leurs recommandations. Comment cette deuxième offre s’articule-t-elle avec votre accompagnement des marques ?
Les boutiques de créateurs prolongent notre conviction : les meilleures collaborations sont celles qui durent. Ces vitrines, optionnelles, offrent aux créateurs un espace pour réunir leurs produits coups de cœur dans leur propre univers, bien au-delà d’une story éphémère. Pour les marques, c’est un moyen de pérenniser un partenariat fort. En terme de rémunération, cela permet de combiner différents modèles tel que la création de contenu, les commissions sur les ventes et l’amplification publicitaire.
« Automatiser l’opérationnel et l’administratif, jamais le goût. »
À mesure que les outils automatisent la sélection des profils et la gestion des collaborations, comment préserver la créativité, la spontanéité et l’authenticité qui font la valeur du marketing d’influence ?
La technologie doit libérer du temps pour la relation humaine et laisser davantage de place à la création. Cela commence par la sélection. Nous recherchons une cohérence entre l’univers de la marque, celui du créateur et les attentes de sa communauté. L’IA aide à examiner ces affinités, tandis que le regard humain permet d’en apprécier les nuances. Ensuite, un bon brief doit transmettre l’histoire de la marque, les particularités du produit et un cadre clair, tout en laissant au créateur la liberté de trouver sa propre manière de les mettre en scène. Notre principe est donc d’automatiser l’opérationnel et l’administratif, jamais le goût.Un créateur peut imaginer une façon de porter une pièce ou de raconter un produit que la marque n’avait pas envisagée. Cette liberté fait partie de la valeur de la collaboration. En simplifiant les envois, le suivi et la collecte des résultats, les équipes peuvent consacrer davantage d’attention aux sujets à plus forte valeur ajoutée.
Après votre passage par l’incubateur de l’Institut Français de la Mode, quelles sont les prochaines étapes du développement de Curaya ?
Nous avons levé 250 000 euros auprès de business angels spécialisés dans l’e-commerce et l’influence, ce qui nous permet d’accélérer notre développement sur trois fronts. D’abord, nous continuons d’enrichir notre assistant pour faire de Curaya le coéquipier influence incontournable des marques de mode, d’accessoires et de beauté. Ensuite, nous souhaitons renforcer nos partenariats avec les agences de relations presse et d’influence, qui peuvent s’appuyer sur Curaya pour accompagner leurs clients et développer leur capacité d’exécution. Enfin, nous allons accélérer notre développement commercial en France et en Europe, maintenant que la plateforme a fait ses preuves.
Pour en savoir plus sur Curaya
Site internet : https://curaya.club/marques
Contact
Daniel D’Agostino, cofondateur et CEO daniel@curaya.club
