Mode, plastique et pollution : un casse tête ?

Image : Commons Wikimedia.

Le mois dernier, un nouveau rapport alarmant (commandé par le WWF à l’université australienne de Newcastle) révélait q’un individu ingère, en moyenne, l’équivalent d’une carte bancaire (soit 5 grammes) en plastique chaque semaine. Mais d’où provient ce plastique ? Des micro-billes de plastique contenues dans les produits cosmétiques, mais aussi et surtout de celles issues des vêtements synthétiques qui se désagrègent à chaque lavage.

A l’heure où la Malaisie et les Philippines rejoignent la Chine en renvoyant leurs déchets plastiques aux envoyeurs (dont la France), quelles solutions pour adresser ce problème majeur ?

D’une part, des systèmes de filtres existent pour lutter contre la pollution de l’eau lors des lavages, avec notamment deux exemples : Guppy Friend, le sac à linge qui permet de filtrer les micro-plastiques ; et Planet Care qui propose des systèmes de filtres à intégrer directement dans la machine à laver.

D’autre part, de nombreuses autres réponses existent face à la pollution plastique en général : le recyclage, dont les procédés avancent malgré leur grande complexité (il est très difficile aujourd’hui encore de séparer les différentes fibres, de coton et de polyester par exemple, qui une fois fusionnées sont quasi inséparables). Avec notamment le dernier lauréat du Prix Innovation de l’ANDAM, Worn Again, dont la technologie permet de produire soit une résine PET équivalente à du neuf, soit une pulpe équivalente à celle issue de la dissolution de pulpe de bois ( le tout à partir de coton ou de polyester usé – voire les deux mélangés). Outre le recyclage, les marques peuvent également compter sur le développement de nouveaux matériaux recyclables, à l’image du plastique nouvelle génération développé par Berkeley Lab, qui peut être recyclé encore et encore dans de nouveaux matériaux de toutes les couleurs et de toutes les formes.

Mais le problème pose d’autres questions, notamment celle des matériaux utilisés pour fabriquer nos vêtements, ou encore celle de leur usage. En effet, les français lavent beaucoup (trop ?) leurs vêtements : 8 personnes sur 10 effectuent entre 1 à 6 lessives par semaine, et 13% d’entre elles affirment en faire une à plusieurs fois par jour.

Compte tenu de ces chiffres, quid de réduire drastiquement le lavage de nos vêtements ? C’est l’idée derrière Unbound Merino, une marque de vêtements et sous-vêtements de voyage, qui selon le site, n’ont pas besoin d’être lavés pendant des semaines. Une nouvelle vague de marques digital native (DNVB) surfe sur cet argument du lavage : parmi elles Wool & Prince, sa petite soeur Wool&, ou encore Pangaia. Du côté français, on retrouve la startup INDUO qui elle propose du coton intâchable pour chemises (vendues par exemple chez Celio Club), de quoi inspirer les collections hommes pour les années à venir.

IN BRIEF

En ce début d’été où la France a déjà connu des records de chaleur, le sujet de l’écologie est devenu incontournable. L’engagement des jeunes créateurs en témoigne, mais pas seulement : alors que 66% des consommateurs sont prêts à payer davantage pour des produits durables, les Millennials (nés entre 1977 et 1995) sont quant à eux déjà 73% à le déclarer, selon une étude Nielsen. Les tendances en termes d’investissement suivent, avec notamment la prise de participation de Chanel au sein de Evolved by Nature, ou encore les nombreux articles expliquant comment le changement climatique pourrait coûter des milliards à l’économie, et la multiplication des termes liés au développement durable dans les rapports d’activité des grands groupes de la mode et du luxe.

De quoi nourrir l’espoir que la mode pourrait effectivement changer le monde ? L’avenir nous le dira.

Cet article a été rédigé par Futur404, dans le cadre du soutien à l’innovation & aux entreprises de la mode du DEFI.

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