Paris Good Fashion a organisé les 8 et 9 juillet 2026 la nouvelle édition de son Midsummer Camp, au Domaine de Chaalis. L’événement a réuni professionnels, créateurs, chercheurs, décideurs et étudiants autour des grands enjeux de la mode durable.
La première journée a été consacrée à des conférences scientifiques à l’Orangerie. Les échanges ont porté sur les raisons qui poussent à conserver ses vêtements, sur la dépendance du secteur aux matières synthétiques et les alternatives possibles, ainsi que sur le rôle de l’éducation dans la transformation de l’industrie. Un second temps d’échanges a traité de la performance et de la résilience des unités de fabrication à travers l’engagement des collaborateurs. Des ateliers de réparation textile (mending) et des walkshops dans le parc ont complété le programme.
La seconde journée a débuté par une intervention sur les liens entre neurosciences et choix vestimentaires, présentant un modèle de style allant de la fluidité (se fondre dans la norme) à la distinction (se démarquer), et son impact sur la charge cognitive et la mémorisation des informations liées à la durabilité. Cette intervention a précédé le lancement officiel de la Fashion Cities Coalition, un réseau international réunissant un premier groupe de villes, dont Paris, Milan, Londres, New York, Copenhague, Dubaï et Singapour, pour accélérer une transformation du secteur fondée sur la science. Le dispositif s’appuie sur des ateliers organisés avec KPMG et associe marques, chercheurs, manufacturiers et pouvoirs publics, avec des partenaires comme le Global Fashion Agenda, le CFDA, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, la Camera Nazionale della Moda Italiana, le Singapore Fashion Council et le groupe Chalhoub.
Un plan d’action issu d’une consultation citoyenne a également été présenté. Heather Collins, scientifique, est intervenue sur l’impact de la mode sur le cerveau, tandis qu’Étienne Bressoud, CEO de BVA Behaviour Ipsos, a abordé les sciences comportementales appliquées à la mode durable, notamment l’écart entre l’intention et l’action des consommateurs face aux informations de durabilité. EY Impact Lab a complété ces échanges.
L’après-midi a réuni artisans, designers et acteurs du luxe autour de la matérialité durable. Les échanges ont porté sur le retour aux colorants naturels, l’hybridation de fibres locales comme le lin, le chanvre ou la paille dans le tissage, et le passage de la pièce unique à la série grâce à l’appui de laboratoires et de certifications. Le Mobilier national, à travers son Laboratoire des pratiques durables, a présenté ses travaux sur la durabilité des matières et des couleurs à l’échelle séculaire. La formation pluridisciplinaire a également été abordée, avec le programme EnaMoma PSL et l’initiative Les Deux Mains du Luxe portée par le Comité Colbert.
LVMH a détaillé sa stratégie de circularité, qualifiée de « pointilliste » : une accumulation d’actions concrètes plutôt qu’une approche globale abstraite. Le groupe vise 25 % de chiffre d’affaires circulaire à l’horizon 2030, avec des leviers comme la plateforme Nonasource, dédiée à la revente de tissus dormants, la réparation mise en valeur en boutique, et des collaborations avec les maisons Loewe et Kevin Germanier autour du réemploi de matières.
Paris Good Fashion est l’Action Tank de référence de la mode responsable en France. Depuis 2019, l’association réunit plus de 100 acteurs du secteur, du luxe au mass market, autour d’actions concrètes et collectives. Les échanges de ce Midsummer Camp viennent nourrir les travaux collectifs en cours, dans la continuité des chantiers engagés par l’association ces dernières années.
