Les DARE Days de LVMH ou la valorisation des talents

On le sait, les entreprises peinent à valoriser en interne les compétences de leurs collaborateurs. Pour permettre aux talents de monter, parallèlement à leur métier, des projets créatifs et innovants, LVMH a lancé il y a deux ans les DARE Days ou journées de l’audace. Une initiative gagnant-gagnant qui offre aux « intrapreneurs » la possibilité de développer physiquement leurs projets.

« Je suis arrivée à la journée DARE (Disrupt, Act, Risk to be an Entrepreneur) organisée par LVMH  à New York l’année dernière en disant à mon mari que je devais absolument trouver une idée. J’étais en plein jet lag, je venais de lire le livre de science-fiction Neuromancien de William Gibson et de voir l’exposition Au-delà des limites à La Villette du collectif d’art digital teamLab… C’est comme ça que j’ai pitché l’idée du sac digital, qui a été présenté pendant le défilé croisière de Louis Vuitton le 8 mai 2019 », se souvient Katia de Lasteyrie, responsable du développement marketing de la joaillerie chez le célèbre malletier.
Pourtant, rien ne prédestinait la jeune femme dans son travail quotidien au sein du groupe français à développer ce genre d’idées novatrices. Rien, si ce n’est la volonté de LVMH d’aller piocher dans son propre écosystème pour accélérer l’innovation. C’est ainsi qu’ont vu le jour les DARE Days, il y a deux ans.

Un écosystème au sein d’un (très) grand groupe

Mais l’histoire de cette initiative commence en réalité il y a trois ans. A l’époque, Laetitia Roche-Grenet est directrice générale de la griffe de joaillerie Fred. « Pascal Jouvin, le président de la LVMH House à Londres qui s’occupe du développement des dirigeants, me contacte et me dit qu’on devrait réfléchir à quelque chose autour de la nouvelle économie des start-up », explique la jeune quadragénaire à propos de la genèse du projet.
Elle n’en dort pas de la nuit, se lève au milieu d’une insomnie pour écrire une fiche de poste : « Mon idée était de créer un écosystème pour les 70 maisons du groupe avec la double mission suivante : être à la fois une pépinière pour les talents et miser sur l’innovation. On a commencé par faire un premier week-end, pour voir ».
Le premier événement a lieu en juillet 2017. Depuis, cinq événements DARE ont eu lieu à Paris, à Venise, à Shanghai et à New York, sur des thèmes variés allant de la réinvention de l’avenir du luxe à l’environnement à la question de la parité.

Des méthodes empruntées aux start-up

Le principe de ces DARE Days est simple. « C’est un catalyseur d’innovations », souligne Laetitia Roche-Grenet aujourd’hui Business Synergies Director de la LVMH House. Les participants, réunis en groupes, viennent de toutes les maisons de LVMH où ils occupent des postes variés. Mais ici, seules comptent la motivation et l’envie.
Que se passe-t-il concrètement pendant ces journées ? « On a mis en place les méthodologies des start-ups pour permettre de passer rapidement d’une idée à sa réalisation. On a inventé six étapes clés, une méthode dite « du cube » pour chaque face : Qui est la cible, qu’est-ce qu’on lui apporte, et ainsi de suite, pour aller très rapidement de l’idée au business plan. Et on fait venir des experts externes pour partager leur expérience », poursuit-elle.
Cette année, quelques start-up hébergées dans l’unité LVMH de Station F ont été invitées à prendre la parole et faire un retour d’expériences, du bon comme du mauvais.
Des histoires extrêmement précieuses pour la vingtaine de projets en cours ce jour-là. Parmi eux, Myfav, un projet développé par deux salariés de Fendi à New York. Présentée sous forme de prototype lors du dernier salon VivaTech à la porte de Versailles en mai 2019, cette application fonctionne comme une sorte de Shazam de la mode. Basée sur un système de reconnaissance d’images, elle permet de trouver des produits ressemblant à une image et de pouvoir les acheter. « On veut vraiment développer ce projet et on est prêt à abandonner nos postes actuels pour y arriver », souffle le binôme enthousiaste. En voyant le sac Speedy de Katia, customisable à l’infini grâce à son écran pliable, on se dit que tout est possible.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Share This