« Repenser la proximité » : le témoignage de Sophie Baron, co-gérante des multimarques POM

Sophie Baron

Pour cet e-DEFI #10, nous sommes allés à la rencontre de Sophie Baron, co-gérante des multimarques haut de gamme POM et enseignante auprès des étudiants de la licence mode de l’université d’Aix-Marseille. Elle nous a parlé des initiatives qu’elle a prises et des changements qu’elle observe face à la crise du Coronavirus. 

C’est avec sa soeur Caroline, également présidente de la FNH Région SUD, que Sophie Baron a ouvert il y a 25 ans les deux boutiques POM de la rue Paradis à Marseille. Leur expérience du secteur et la profonde connaissance de leur clientèle leur a permis de prendre de nouvelles mesures rapidement pour faire face à la crise du Coronavirus.  

« Repenser la proximité » : vers un modèle hybride entre proximité et vente en ligne

Le re-aénagement du site internet et la livraison en deux heures

Les boutiques POM sont présentes en ligne sur le site e-commerce www.pomboutique.com. Originellement destiné à la clientèle éloignée de Marseille, le site a été ré-aménagé pour répondre aux besoins des clientes locales les plus fidèles pendant la période de confinement. Sophie et Caroline ont indiqué leurs numéros de téléphone portable sur la page d’accueil et invitent les clientes à les appeler pour les accompagner dans leur parcours d’achat. Pour Sophie, cela permet de «  recréer en ligne l’expérience de conseil vécue en boutique ». Une fois l’achat réalisé, les commandes sont livrées au moins de deux heures à vélo dans Marseille. Les clientes sont invitées à partager avec la communauté de POM une photo de leur commande sur la page Facebook de la boutique. Pour entretenir le lien, les deux gérantes envoient également newsletters et sms pendant cette période de confinement. Au programme de la dernière newsletter : la recette du tiramisu des Caffè Armani.

De nouvelles mesures pour assurer la sécurité des clients lors de la réouverture 

Sophie imagine une réouverture dynamique en mai suivie d’un ralentissement. Pour elle, il va falloir « aller plus fort vers la digitalisation mais d’une autre façon, avec davantage de conseils ». Les deux gérantes envisagent notamment de privatiser l’espace de vente sur certains créneaux ou de recevoir en boutique sur rendez-vous. Elles prévoient également de nouvelles mesures sanitaires avec la mise à disposition de gels hydroalcooliques estampillés du logo de la boutique. Pour la désinfection des vêtements après l’essayage ou la prise de mesures pour les retouches, Sophie et Caroline explorent actuellement les options permettant de garantir un maximum de sécurité.

Concilier luxe et mode durable : le POM Lab et les conseils en boutique 

Parmi les changements à l’oeuvre, Sophie a constaté une première fracture dans la perte de lisibilité des gammes et l’accélération des collections lors du drame du Rana Plaza en 2013. Selon Sophie, la crise du Coronavirus pourrait achever cette transition et nous faire revenir à des collections en cohérence avec les saisons. Cet élan vers une mode plus durable n’est toutefois pas toujours évident à intégrer pour un retailer haut de gamme, explique-t-elle : « ce ne sont pas les codes naturels du luxe, ce n’est pas la même création ». Alors pour ce faire, Sophie et Caroline ont créé le POM Lab : une sélection de jeunes créateurs locaux qu’elles coachent et vendent dans leur boutique. Elles contribuent également à une mode plus durable en conseillant leurs clientes sur la façon dont elles peuvent reporter leurs vêtements de qualité saison après saison :  « chaque année, je montre à mes clientes comment reporter une belle pièce de leur garde robe », indique Sophie.

 

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